Forum recherche-création

Akiko Sasaki

Mercredi 8 avril à 10h00

Mon travail en tant que sculpteur traite de l’érosion de notre faculté à percevoir que la société actuelle tend à appauvrir et à normaliser. Il propose de réhabiliter la sensibilité de l’être humain face à des expériences esthétiques.

Présentement, mes investigations s’orientent surtout vers une exploration des phénomènes visuels tels que les reflets, les ombres portées et les effets d’optique, en utilisant le verre et les projections lumineuses. Grâce à la transparence ou à la surface réfléchissante du verre, le regard ne se concentre pas seulement sur l’épiderme de la sculpture, mais sur l’ensemble de l’installation. Au-delà de la surface, il y a d’autres dimensions à découvrir.

Mon travail représente une humble contribution à cette idée que «la réalité ne peut être déduite de la raison, la réalité est plus vaste, beaucoup plus vaste que la raison». (Léon Chestov, Sur la balance de Job)

L’art et sa projection politique

Je propose une analyse des pratiques de trois artistes d’art perceptuel. D’abord, Julio Le Parc, précurseur de l’Art optique, utilisant l’illusion d’optique, les objets réfléchissants et la lumière, dont le travail porte sur la perception visuelle dans le temps et l’espace réels de l’expérience physiologique. Pour sa part, Ann Veronica Janssens provoque un vertige visuel et corporel chez le spectateur et l’invite à visiter les limites perceptibles de l’espace. Enfin, Olafur Eliasson dont les préoccupations sont également orientées vers la perception sensorielle du spectateur, mais plus encore vers la perception du soi dans l’espace-temps.

Ces trois artistes ont une idéologie humaniste. Leur intention est d’éveiller les capacités de perception sensorielle chez le spectateur par l’engagement physique face à leurs oeuvres.

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Akiko Sasaki, Sans titre, 2014, verre et projection vidéo, dimensions variables